La Deuche aux USA : Un toast dans l’Empire du V8

Salut les Deuchistes !

Imaginez la scène : nous sommes en 1956. Un cowboy du Texas, habitué à des bagnoles de 6 mètres de long consommant autant de pétrole qu’un porte-avions, s’arrête devant une vitrine. Là, entre deux Cadillac à ailerons, il aperçoit un drôle d’insecte gris en tôle ondulée. C’est la 2CV.

Le choc thermique est total. C’est un peu comme essayer de vendre un béret basque à un fan de casquettes de baseball XXL. Pourtant, Citroën a bien tenté l’aventure américaine ! Sortez le pop-corn (mais gardez le cidre), on vous raconte ce naufrage… enfin, cette épopée magnifique.

Publicité Citröen 2CV
Fairbanks Daily News, Nov 1955

L’historique : « Small is NOT beautiful » (à l’époque)

Dès les années 50, Citroën se dit : “Tiens, et si on allait vendre notre “parapluie sur roues” aux Américains ?”. Le service “Grande Exportation” y croit dur comme fer.

Le bilan comptable est… comment dire… digne d’un moteur de 2CV un jour de grand froid :

• 1949 : 10 voitures vendues.

• 1950 : 13 voitures. (Record battu !)

• Entre 1956 et 1967 : On estime qu’environ 800 exemplaires (2CV et Ami 6 confondues) ont trouvé preneur.

Broche de la 2CV aux USA
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À l’époque, les publicités américaines essayaient de vendre la 2CV comme une “voiture de troisième nécessité” ou une curiosité exotique. Mais face aux autoroutes géantes et aux moteurs de 5 litres, notre bicylindre de 425 cm³ passait pour un jouet de bain égaré dans une piscine olympique.

L’essai d’époque (ou le « traumatisme » des journalistes US)

Les essayeurs américains étaient… perplexes. Dans un article d’époque, on pouvait lire que la 2CV était “l’application la plus intelligente du minimalisme jamais réussie”. Mais un autre, plus terre-à-terre, notait avec humour que l’accélération de 0 à 100 km/h se mesurait non pas avec un chronomètre, mais avec un calendrier.

Source theautopian

Le saviez-vous ? Pour l’homologation US, la Deuche a dû subir des transplantations étranges : des phares ronds énormes (les fameux “Sealed Beam”) qui lui donnaient un air de grenouille sous amphétamines, et des compteurs en “miles per hour” (ce qui permettait de voir l’aiguille bouger de 2 millimètres en une heure).

Source Seattle Citroen

La Méhari : La seule qui a failli réussir !

Dans les années 70, Citroën tente le coup avec la Méhari. En Floride et en Californie, le côté “voiture de plage en plastique” plaît. Elle se vendra à environ 1 000 exemplaires. Les Américains l’adoraient… jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’en cas de vent de face sur l’autoroute, elle pouvait reculer.

Pour vos yeux (et vos oreilles) : La Deuche aux USA en vidéo

Si vous voulez voir à quoi ressemble une 2CV perdue au milieu des pick-ups modernes, voici quelques pépites à visionner :

1. L’essai nostalgique (Hagerty) : Un superbe reportage sur pourquoi la 2CV est devenue “cool” aujourd’hui aux USA.

2. La Deuche dans le trafic US : Frissons garantis quand un Truck de 15 tonnes double une Deuche sur l’Interstate !

3. L’essai d’une 2CV par Tommy, dans le Colorado

Vendre une 2CV aux USA dans les années 50, c’était comme essayer de vendre du tofu à un club de bikers. Mais aujourd’hui, la revanche est là ! Les collectionneurs américains s’arrachent nos mémères à prix d’or. Pourquoi ? Parce qu’au pays du “Toujours Plus”, la 2CV est la seule à oser le “Juste ce qu’il faut”.

Et n’oubliez pas : aux USA, ils ont la NASA, mais nous, on a la suspension qui permet de traverser un champ avec un panier d’œufs sans en casser un seul.

Sélection de sites américains sur la 2CV

Seattle Citröen qui effectue un recensement des 2CV (d’origine, non modifiées) en circulation aux USA et Canada

Citröen Vie le site du club Citröen aux USA

The Autopian a un article sympathique sur la Deuche

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